compositeur

 

...und zuweilen (2011)

pour soprano, hautbois, contrebasse, guitare, percussions et électronique

sur des poèmes de Nelly Sachs et Paul Celan

Commande de l'association du Concours Nicati

Durée: 19'

 

Création

Berne, le 11 septembre 2011

Concert des finalistes et lauréats du concours Nicati

- Soprano: Barbara Zanichelli

- Ensemble Vortex:

Béatrice Zawodnik (hautbois), Renaud Renquin (guitare), Jocelyne Rudasigwa (contrebasse),

Florian Feyer (percussion), Daniel Zea (électronique)

I

Wie leicht

wird Erde sein

nur eine Wolke Abendliebe

wenn als Musik erlöst

der Stein in Landsflucht zieht

(Nelly Sachs)

 

II

Soviel Gestirne, die

man uns hinhält. Ich war,

als ich dich ansah - wann? -

draußen bei

den andern Welten.

(Paul Celan)

 

III

Instrumental

 

IV

O diese Wege, galaktisch,

o diese Stunde, die uns

die Nächte herüberwog in

die Last unsrer Namen. Es ist,

ich weiß es, nicht wahr,

daß wir lebten, es ging

blind nur ein Atem zwichen

Dort und Nicht-da und Zuweilen,

kometenhaft schwirrte ein Aug

auf Erloschenes zu, in den Schluchten,

da, woʼs verglühte, stand

zitzenprächtig die Zeit,

an der schon empor- und hinab-

und hinwegwuchs, was ist oder war

oder sein wird -,

(Paul Celan)

 

V

Instrumental

 

VI

Wie leicht

wird Erde sein

nur eine Wolke Abendliebe

wenn Sternenhaftes schwand

mit einem Rosenkuß

aus Nichts -

(Nelly Sachs)

 

VII

ich weiß,

ich weiß und du weißt, wir wussten,

wir wußten nicht, wir

waren ja da und nicht dort,

und zuweilen, wenn

nur das Nichts zwichen uns stand, fanden

wir ganz zueinander.

(Paul Celan)

 

Nelly Sachs:

«Flucht un Verwandlung»

(© Suhrkamp Verlag, Berlin 2010)

Paul Celan:

«die Niemandsrose»

(© Fischer Verlag, Francfort-sur-le-Main 1963)

 

Comme elle sera légère

la terre,

rien que nuage dʼamour vespéral

si, musique désormais,

la pierre délivrée part en exode

 

 

 

Tant dʼastres quʼon

nous fait miroiter. Jʼétais,

quand je tʼai regardée - quand? -

dehors chez

les autres mondes.

 

 

 

 

 

 

Ô ces voies, galactiques,

ô cette heure qui nous fit

passer le poids

des nuits dans la charge de nos noms. Il nʼest,

je le sais, pas vrai

que nous avons vécu, il est

seulement passé, aveugle, un souffle entre

Là et Pas-là et Par moments,

un oeil a vrombi, comète, filant

vers de lʼéteint, au fond des gouffres,

là où mourait la braise, se tenait,

tétins somptueux, le Temps

sur qui déjà croissait, grimpait, redescendait

et débordait ce qui

est ou était ou sera -,

 

 

 

 

 

 

Comme elle sera légère

la terre,

rien que nuage dʼamour vespéral

si quelque chose de stellaire a disparu

avec le baiser dʼune rose

de néant -

 

 

 

Je sais,

je sais et tu sais, nous savions,

ne savions pas,

nʼétions-nous pas ici en effet et non là-bas,

et par moments,

pour peu que seul le néant fût dressé entre nous, nous

nous sommes entièrement trouvés.

 

 

Nelly Sachs:

traduction française: Mireille Gansel

Paul Celan:

traduction française: Jean-Pierre Lefebvre